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Retraite

5 erreurs qui coûtent cher au moment de la retraite

Sous-estimer l'inflation, mal ordonner les décaissements, ignorer la récupération de la PSV : voici les cinq erreurs qui coûtent le plus cher aux nouveaux retraités québécois.

17 mai 2026 · 8 min de lecture

La retraite n'est pas un événement, c'est une transition de 25 à 35 ans. Sur cet horizon, des décisions qui semblent anodines en début de parcours peuvent coûter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars. Voici les cinq erreurs que nous voyons le plus souvent en début de mandat — et comment les éviter avant qu'elles ne deviennent irréversibles.

Erreur 1 — Sous-estimer l'inflation. Beaucoup de plans de retraite construits avant 2021 supposaient une inflation moyenne de 2 %. Depuis, on a vécu trois années à plus de 4 %, et même si la cible de la Banque du Canada reste à 2 %, l'expérience récente nous rappelle que la trajectoire n'est jamais linéaire. Sur 25 ans, une inflation moyenne de 3 % au lieu de 2 % réduit le pouvoir d'achat d'environ 25 %. Un budget de 75 000 $ aujourd'hui demande 157 000 $ par année dans 25 ans à 3 % — pas 122 000 $ à 2 %. Modélisez toujours plusieurs scénarios d'inflation.

Erreur 2 — Oublier l'impôt sur le RRQ et la pension de retraite. Les versements du Régime de rentes du Québec, de la Sécurité de la vieillesse, et de toute pension d'employeur sont entièrement imposables. Trop de retraités planifient leurs dépenses en chiffres bruts et se retrouvent surpris au premier rapport d'impôt. À 60 000 $ de revenu de pension au Québec, c'est environ 12 000 $ qui partent en impôt fédéral et provincial. Il faut toujours raisonner en revenu net après impôt, pas en chiffres bruts.

Erreur 3 — Décaisser dans le mauvais ordre. La séquence générale qui maximise l'argent net dans la vie d'un couple québécois est rarement celle qu'on imagine intuitivement. Beaucoup commencent par retirer du CELI parce qu'il n'y a pas d'impôt à payer. C'est souvent une erreur. Le CELI est le meilleur outil successoral et le seul véhicule qui croît à l'abri à perpétuité : on le préserve le plus longtemps possible. À l'inverse, certaines personnes laissent leur REER intact jusqu'à 71 ans et se retrouvent forcées à des retraits FERR énormes qui font exploser leur taux marginal et entraînent une récupération massive de la PSV. La séquence optimale combine généralement des retraits REER partiels entre 60 et 71 ans pour aplatir le revenu futur, complétés au besoin par le compte non enregistré, en gardant le CELI pour la fin et la succession.

Erreur 4 — Ignorer la récupération de la Sécurité de la vieillesse. Au-delà d'un revenu net d'environ 94 600 $ (seuil 2026), la PSV est récupérée à 15 % du revenu excédentaire, jusqu'à zéro autour de 154 000 $. C'est un impôt supplémentaire de fait. Beaucoup de retraités avec un FERR important, une rente d'employeur et des revenus de placements non enregistrés franchissent ce seuil sans s'en rendre compte. Le fractionnement de revenu de pension avec le conjoint, les retraits REER avant 65 ans, et l'usage stratégique du CELI permettent souvent de garder les deux conjoints sous le seuil.

Erreur 5 — N'avoir aucun plan successoral. Un testament notarié coûte entre 300 et 700 $. Un mandat de protection, entre 200 et 400 $. Pourtant, près d'un Québécois sur deux meurt sans testament en bonne et due forme. Les conséquences : la loi décide à votre place de la répartition, le conjoint de fait n'hérite de rien sans testament, et le règlement de succession se prolonge souvent de 6 à 18 mois supplémentaires. Pour les patrimoines de 1 M$ et plus, l'absence de planification successorale peut entraîner une facture d'impôt finale entièrement évitable au moment du décès — notamment sur les REER et FERR transférés à autre chose que le conjoint.

Aucune de ces cinq erreurs n'est irréversible si elle est identifiée à temps. La planification de retraite n'est pas un document qu'on signe une fois et qu'on range dans un tiroir : c'est un plan vivant qu'on révise tous les 12 à 24 mois, surtout dans les cinq années qui précèdent la retraite et les cinq qui la suivent.