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Investissements De Longpre

Fiscalité

Comment payer moins d'impôt au Québec en 2026, sans tricher

Crédits méconnus, fractionnement de pension, REEE et subventions, cotisations REER stratégiques : un tour d'horizon des leviers légaux les plus efficaces pour 2026.

15 mai 2026 · 8 min de lecture

Personne n'aime payer trop d'impôt. Et pourtant, chaque année, des milliers de Québécois laissent passer des crédits auxquels ils ont droit, ne fractionnent pas leur revenu de pension alors qu'ils le pourraient, ou choisissent mal entre REER, CELI et REEE. Voici les leviers fiscaux les plus efficaces que nous activons régulièrement chez nos clients pour 2026 — tous parfaitement légaux et bien documentés.

1. Le fractionnement de revenu de pension. Si vous avez 65 ans et plus et que vous recevez un revenu de pension admissible (rente d'employeur, FERR, certaines rentes), vous pouvez en attribuer jusqu'à 50 % à votre conjoint sur la déclaration d'impôt. Si votre conjoint a un revenu plus faible, l'économie est immédiate et substantielle. Sur 40 000 $ de revenu de pension fractionné, un couple québécois typique peut sauver 4 000 à 7 000 $ d'impôt par année. C'est une simple case à cocher au moment de produire la déclaration, mais elle est trop souvent oubliée.

2. Les crédits d'impôt pour personnes âgées et maintien à domicile. Le crédit pour maintien à domicile des aînés au Québec (à partir de 70 ans) couvre 38 % des dépenses admissibles, jusqu'à plus de 7 000 $ de crédit annuel pour une personne autonome, et davantage pour une personne en perte d'autonomie. Sont admissibles : services d'aide ménagère, soins infirmiers, transport médical, services de repas, et même certains frais en résidence pour aînés. Plus de 30 % des personnes admissibles ne le réclament pas correctement parce qu'elles ne conservent pas leurs reçus.

3. Les frais médicaux. Au-delà de 3 % du revenu net (avec un plafond fédéral), tous les frais médicaux non remboursés sont admissibles à un crédit. Beaucoup oublient les déplacements pour soins médicaux à plus de 40 km, les primes d'assurance maladie complémentaire, les soins dentaires majeurs, et même certaines dépenses pour parents à charge. Pour un couple de retraités à 80 000 $ de revenu combiné avec 6 000 $ de frais médicaux, le crédit fédéral et provincial combinés peut représenter 1 200 à 1 500 $.

4. Les dons de bienfaisance, et la stratégie de regroupement. Le crédit pour dons est plus généreux au-delà du premier 200 $ annuel — fédéral et provincial combinés à environ 50 % au Québec. Stratégie : si vous donnez 1 000 $ par année, regrouper deux années sur une seule (2 000 $ une année, 0 $ l'autre) augmente la portion à 50 %. Encore mieux : pour les dons importants, faire le don directement en titres cotés (actions à gain en capital) au lieu de l'argent. Le don élimine complètement le gain en capital imposable sur le titre transféré, en plus du crédit d'impôt habituel.

5. Le REEE et la subvention canadienne pour l'épargne-études. Pour les enfants ou petits-enfants, chaque dollar cotisé au REEE (jusqu'à 2 500 $ par bénéficiaire par année) génère 20 % de subvention fédérale et 10 % d'incitatif québécois — 750 $ par année gratuits par enfant, jusqu'à un maximum à vie de 7 200 $ et 3 600 $ respectivement. Pour les familles à revenu modeste, la subvention monte à 30 % et 15 %. Sur un horizon de 17 ans, c'est tout simplement le meilleur rendement garanti disponible au Canada.

6. La cotisation REER stratégique. La cotisation REER ne sert pas seulement à réduire l'impôt courant : elle est aussi un outil pour récupérer des crédits qui s'évaporent à des seuils précis. Allocation canadienne pour enfants, prestation pour aidants, supplément de revenu garanti, récupération de la PSV : tous ont des seuils basés sur le revenu net. Une cotisation REER bien calibrée peut faire passer un parent en deçà du seuil de récupération et restaurer plusieurs milliers de dollars de crédits.

7. Le REER de conjoint, redécouvert. Souvent oublié depuis l'arrivée du fractionnement de revenu de pension après 65 ans, le REER de conjoint reste utile pour fractionner avant 65 ans, notamment pour ceux qui veulent prendre leur retraite à 58 ou 60 ans. Le titulaire à plus haut revenu cotise au REER au nom du conjoint à plus faible revenu et obtient la déduction. Les retraits éventuels seront imposés dans les mains du conjoint, à un taux moindre. Règle de trois ans à respecter entre la cotisation et le retrait pour éviter l'attribution.

Notre approche chez De Longpre : on commence chaque année par une projection fiscale complète sur trois à cinq ans pour identifier les seuils à surveiller (PSV, fractionnement, crédits perdables), puis on calibre les cotisations REER, CELI, REEE et les dons en conséquence. Faire ces choix au feeling, sans projection, c'est laisser de l'argent sur la table chaque année.