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Investissements De Longpre

Planification fiscale

REER vs CELI en 2026 : lequel privilégier selon votre situation

Plafond REER à 32 490 $, droits CELI cumulatifs autour de 102 000 $ pour qui était admissible depuis 2009. Le bon choix dépend surtout de votre tranche d'imposition aujourd'hui et à la retraite.

18 mai 2026 · 8 min de lecture

En 2026, le plafond de cotisation au REER atteint 32 490 $ (soit 18 % du revenu gagné de l'année précédente, jusqu'à concurrence de ce plafond). Pour le CELI, la nouvelle contribution annuelle est de 7 000 $, ce qui porte le total cumulatif depuis 2009 à environ 102 000 $ pour une personne qui était admissible dès le départ. Ces deux véhicules sont les piliers de l'épargne enregistrée au Canada, mais ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon sur le plan fiscal.

Le REER offre une déduction immédiate : chaque dollar cotisé réduit votre revenu imposable de l'année. La croissance est à l'abri de l'impôt, mais chaque retrait — capital comme rendement — s'ajoute à votre revenu et est imposé au taux marginal du moment. Le CELI fonctionne à l'envers : pas de déduction à la cotisation, mais ni les retraits ni la croissance ne sont imposables, jamais. Les retraits CELI ne réduisent pas non plus vos prestations gouvernementales.

La règle simple : si votre taux marginal est plus élevé aujourd'hui qu'il le sera à la retraite, le REER l'emporte. Sinon, le CELI. Un cadre québécois gagnant 150 000 $ se trouve à environ 47,5 % de taux marginal, et descendra fort probablement à 35-38 % à la retraite. Cotiser 10 000 $ au REER lui économise 4 750 $ d'impôt tout de suite, et le retrait futur lui coûtera environ 3 700 $. Gain net : un peu plus de 1 000 $ par tranche de 10 000 $ cotisée, sans compter la croissance composée à l'abri de l'impôt.

Pour un revenu de 50 000 à 60 000 $ par contre, le taux marginal est autour de 32-37 %. La probabilité que le taux à la retraite soit le même, voire plus élevé une fois la Sécurité de la vieillesse, le RRQ et un FERR cumulés, est réelle. Dans ce cas, le CELI devient nettement plus attrayant : on évite de transformer un avantage de 32 % aujourd'hui en pénalité de 38 % plus tard.

Trois cas où le CELI gagne malgré un haut revenu. Premièrement, si vous prévoyez un revenu de retraite qui vous fait dépasser le seuil de récupération de la Sécurité de la vieillesse (94 600 $ environ pour 2026) : chaque dollar retiré du REER en haut de ce seuil entraîne une récupération de 15 % de la PSV, ce qui ajoute un taux marginal effectif redoutable. Deuxièmement, si vous visez de laisser un patrimoine important : le REER au décès est imposable au taux marginal complet sur le solde résiduel, alors que le CELI est transmis sans impôt. Troisièmement, si vous avez besoin d'une flexibilité totale pour des projets à moyen terme (rénovation, démarrage d'entreprise, sabbatique) : le CELI vous laisse retirer et recotiser sans pénalité ni impact fiscal.

Notre approche pratique chez De Longpre. Pour la plupart des professionnels et cadres entre 40 et 60 ans, on remplit d'abord le CELI à 100 % chaque année — c'est le filet de sécurité et le véhicule de succession le plus efficace — puis on utilise tout l'espace REER disponible. Pour un propriétaire d'entreprise approchant une vente, on privilégie souvent les versements REER conjoint pour aplatir le revenu futur et on garde le CELI pour gérer les liquidités d'après-vente.

Une dernière nuance souvent oubliée : le remboursement d'impôt généré par une cotisation REER doit être réinvesti, idéalement dans le CELI. C'est seulement de cette façon que l'avantage fiscal du REER se matérialise pleinement. Cotiser au REER puis dépenser le remboursement, c'est laisser la moitié du bénéfice sur la table.